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Articles

Affichage des articles du juillet, 2013

Les Kurdes, un peuple sans État

Sortie demain du nº88 de la revue Al-Qantara, avec un dossier sur la question kurde :


Pourquoi les Kurdes? Régulièrement, Qantara consacre son dossier central à l’une ou l’autre des grandes communautés ethniques ou religieuses qui composent le monde arabe: les coptes (nº35), les Arméniens (nº63), les Berbères (nº66) ou encore les chrétiens du monde arabe pris dans leur ensemble (n°21 et 74). Il était donc normal de nous arrêter sur une communauté dont l’histoire, la présence et le poids, sont à la fois singuliers et importants. De fait, plus qu’une communauté, un peuple sans Etat, comme il est dit en titre.Une autre raison à cela: une conjoncture politique qui place de nouveau les Kurdes sur le devant de la scène géopolitique; et ce, pour la deuxième fois en moins de dix ans. La première en Irak, la seconde en Syrie. En Irak, la consolidation de la province autonome du Kurdistan irakien depuis 2004 représente un tournant considérable dans l’histoire des Etats nés du traité de Lausanne …

Entre Ankara et Qandil, le "processus de paix" piétine

Tout le temps des manifestations à Istanbul, la question de leur impact sur le processus de paix initié par Öcalan et Erdoğan a été débattue dans la presse ou entre responsables kurdes. Mais comme il était prévisible, le « Sud-Est » kurde n’a pas bougé, même si des Kurdes, dont des responsables du BDP d’Istanbul ont pris part aux événements de Gezi Park et que le PKK a plusieurs fois déclaré que les violences policières allaient contre « le processus démocratique en cours ».
Ces déclarations de soutien au mouvement de Gezi Park n’ont cependant eu aucune incidence sur le retrait en cours du PKK de Turquie. Le 13 juin, Selahattin Demirtaş, le co-président du BDP, annonçait, après une rencontre avec Abdullah Öcalan le 7 juin et une visite aux responsables de Qandil, que la première phase du processus était achevée et que devait commencer la seconde phase, celle de la démocratisation de la Turquie
« Il n’y a aucun problème avec le retrait, aucune interruption, ni tension ni conflit. La prem…

Sohrawardî, le Maître de l'Instant

On dit que c'est le 29 juillet 1191 que dans la citadelle d'Alep, fut exécuté Sohrawardî, le sheikh de l'Ishraq, sur ordre de Saladin.

– Voilà Sibylle que tu voulais tant connaître, déclara-t-il à celui qui l’occupait. Voici celle qui fut mon élève et qui est encore source de bien des tourments pour moi… Car c’est bien la plus fieffée bourrique qu’il y eut jamais à Antioche et dans toute la Syrie! Elle a usé, en ses enfances, la patience et la santé de bien des maîtres, moi seul me suis obstiné et, quelquefois, je doute de ma sagesse là-dessus.L’homme auquel Shudjâ’ la présentait si élogieusement s’était levé. Sibylle se figea devant ce soufi aux cheveux blonds et à la barbe rousse, aux yeux du même vert que les siens. Il était vêtu de façon extravagante, avec une robe émeraude qui flamboyait à chacun de ses mouvements et une coiffe pourpre, un peu semblable à la sienne. – Sibylle, chantonna-t-il, enfin nous nous rencontrons, ma soeur chérie !
Soulevée et réchauffée par une…

Le parlement d'Erbil a rallongé de deux ans le mandat présidentiel

Le 26 mai dernier, alors que Massoud Barzani prononçait un discours pour commémorer la révolution du 26 mai 1976, quand, avec son frère Idris, il avait repris le flambeau de la résistance contre l’Irak du Baath, après l’effondrement de la révolution menée par son père, Mustafa Barzani, le président du Kurdistan d’Irak avait répondu à ses détracteurs au sujet du référendum controversé portant sur l’approbation de la constitution. L’opposition l’accuse en effet de chercher à briguer un troisième mandat ou, à tout le moins, de rallonger considérablement son second mandat.
Massoudn Barzani a rappelé que le projet de constitution a été approuvé en 2009 par 36 partis politiques de la Région et 96 parlementaires contre une seule voix défavorable.
« Récemment nous nous sommes exprimés de façon très souple sur la question. Nous avons demandé à tous les partis de nous faire part de leurs remarques et commentaires sur la constitution, mais nous n’avons reçu aucune réponse positive. Il semble que c…

"personne ne voudra de toi, pas même un Kurde !"

Il y a des années, dans Études kurdes nº 7, j'avais commenté un article datant de 1950, de Saul Adler, "Une expérience sociologique", où étaient citées, pour illustrer le caractère des plus hétéroclites de la nouvelle société israélienne (encore toute en formation) les deux figures de juifs qui paraissaient les plus opposées : l'Ashkénaze (occidental et moderne) et le Kurde (oriental et traditionnel) :



 L’arrivée dans le nouvel Etat d’Israël d’immigrants juifs, venus de tous horizons culturels et de toutes classes sociales, fut une des particularités et un des défis de la société israélienne naissante. Cet article brosse ainsi un portrait savoureux de deux « types de juifs » radicalement différents, le juif ashkenaze et un de ces juifs d’Orient, sociologiquement et culturellement très proches de leurs anciens com- patriotes musulmans. Pour Saul Adler, le statut de la femme à l’intérieur d’un groupe est le plus révélateur. Mais cette fois-ci, alors qu’il est assez com…

Le jeu trouble d'Ankara en Syrie

Uzak

Mercredi 24 juillet à 22 h 35 sur Ciné+ Club : Uzak de Nuri BilgeCeylan.


Synopsis : Un photographe est persuadé que l'écart entre sa vie et ses idéaux est en train de grandir. Il se retrouve obligé d'accueillir une jeune personne de sa famille, qui a quitté son village pour trouver du travail sur un bateau, dans le but de partir à l'étranger.

Eyes of War

Lundi 22 juillet à 20 h 40 sir OCS Novo : Eyes of War de Danis Tanovic.

Synopsis : Photographes de guerre chevronnés, Mark et David sont en mission au Kurdistan. Tandis que le premier décide de rester sur place quelques jours encore en quête du cliché susceptible de le rendre célèbre, le second ne supporte plus la violence et le désespoir quotidiens. Surtout, il veut rentrer pour retrouver sa femme Diane, qui attend un enfant. Grièvement blessé, Mark échoue dans un hôpital de campagne, avant d'être rapatrié à Dublin, où il apprend que David, lui, a disparu…

Muhammad Kurd 'Alî

L’eminente storico Muhammad Kurd ‘Alī (1876-1953) viene così ricordato: “d’origine irachena, di etnia curda, arabo per crescita e cultura, damasceno per nascita e residenza, islamī per modo di pensare e per convinzione, di tendenza salafī” (Pellitteri 2004, p. 189). Egli fu il fondatore e primo presidente dell’Accademia scientifica araba (Damasco 1920), – la prima accademia per la modernizzazione della lingua araba – ministro della cultura nel governo arabo di Faysal ibn al-Husayn, curatore di una antologia “classica”. Si dedica giovanissimo al giornalismo e per sfuggire alla repressione culturale ottomana si rifugia in Egitto, più volte torna in Siria per poi andare in esilio. Soggiorna anche in Italia dove ha contatti con i più illustri orientalisti dell’epoca (Camera d’Afflitto 1998, p. 172). 



Güneşi Gördüm ou Amour, gloire et beauté à Hakkari

Que Güneşi Gördüm, de Mahsun Kırmızıgül, ait beaucoup plu en Turquie et notamment au gouvernement, n'est pas étonnant, car cela colle assez bien au discours politique de l'AKP sur la question kurde : "Nous sommes tous frères, on n'a pas toujours été très gentil avec vous, mais avec un peu de bonne volonté, tout peut s'oublier, fraternité, tout ça…"
Le problème, c'est que c'est un navet consternant qui n'explique pas un tel succès… jusqu'au moment où, à force de se frotter les yeux, on comprend : ce n'est pas un film, c'est un soap opera, digne de ces feuilletons tragico-sentimentaux dont les Turcs (comme les autres) sont friands. 
Güneşi Gördüm alias J'ai vu le soleil (on comprend le titre tout à la fin) c'est Dallas et Les Feux de l'amour mais version chez les blédards, c'est-à-dire dans un cadre rural pour le premier volet, et dans le cadre Un idiot à Paris pour le second, avec toute une famille qui va devoir s'ac…

Cartographie de la crise syrienne

Turquie. La question kurde au regard du nouveau désordre régional

La questione curda : PYD, CNC, CSC…

"La situazione geografica e demografia dei due milioni di curdi siriani è frammentata. Le aree con popolazione curda (Giazira, Kurd Dagh / Çiyayê Kurmênc, 'Ayn al-'Arab / Kobanî) sono geograficamente separate, inoltre sono presenti 300 000 curdi sia Aleppo sia a Damasco. Durante tutto il XX secolo il Kurdistan siriano ha rappresentato la retrovia delle sollevazioni kurde in Turchia e Iraq. E il presidente Hafiz al-Asad ha lasciato una relativa libertà di movimento al PKK, al Partito democratico del Kurdistan (PDK) et all'Unione patriottica del Kurdistan (UPK). Questi ultimi due hanno sedi del partito  Damasco. La questione curda, sempre latente, è riemersa durante la guerra civile siriana che rappresenta une sfida all'ordine politico regionale costruito da francesi e britannici alla fine della prima guerre mondiale. Ora i curdi del Grande Kurdistan sono meglio organizzati e stanno emergendo come un tassello essenziale per gli equilibri regionali. Sono sostenuti d…

Séminaire de l’Observatoire urbain de l’Ifpo

Mardi 16 juillet 2013, à 17h30 :

Séminaire de l’Observatoire urbain de l’Ifpo 
 1) Enjeux de la patrimonialisation et mutation urbaine : le quartier de Taajeel à Erbil, Kurdistan (Irak) Nadia Ramchand, étudiante en Master 2, universités de Paris 1 et de Poitiers.


2) Politiques culturelles publiques et résistances : la ville de Batman, Kurdistan (Turquie) Jonas Ramuz, étudiant en Master 2 à HEC et à l'EHESS, Paris-Territoires, espaces, sociétés Ifpo - Bâtiment G, salle du premier étage. Espace des Lettres - Rue de Damas – Beyrouth.

La musique ne peut susciter que la joie, c'est la parole qui dit la peine

"Même si les 'sentiments doux amers' ou la 'délectation morose' ne leur sont certainement pas étrangers, le discours que les Yézidis tiennent sur les émotions accepte peu d'intermédiaires. Dans de nombreuses traditions musicales, la musique peut évoquer la joie comme la peine, mais dans le cas des Yéxzidis, la combinaison entre les émotions et la typologie du sonore est assez étonnante : la musique ne peut susciter que la joie. C'est la parole qui "dit" la peine, et même si cette "parole sur" est plus qu'une simple parole, elle n'est pas pensée comme de la musique. Les émotions opposées que sont la joie et la peine ne sont donc pas exprimables dans le même registre. Elles appartiennent à des réalités différentes, et s'opposent non seulement dans le champ des émotions, mais aussi à travers deux modes bien distincts d'utilisation du sonore."

Islam religion par défaut au Kurdistan ? Les limonadiers d'Ankawa anticipent

Selon le site Shafaq News, 30 propriétaires de boutiques d'alcool à Ankawa auraient signé une déclaration où, par 'respect' pour les musulmans, ils s'engagent à fermer boutique tout le mois de Ramadan, dans un 'esprit de tolérance et de coexistence', etc.
Démagogie ou stupidité ? allez savoir… 
Parce que si un musulman veut vivre selon les préceptes de l'islam, il est censé être abstème tous les jours de sa vie, jusqu'à ce que le vin du Paradis lui soit servi dans l'autre monde, et pas seulement durant le mois du Jeûne. Et si un musulman pieux ne peut supporter la simple vue d'une bouteille d'alcool, on ne peut que lui conseiller d'éviter Ankawa et les quartiers chrétiens, ce tout au long de l'année…
Ensuite, cette attitude de soumission à une 'norme' morale qui serait l'islam, et envers laquelle il ne faudrait pas trop se démarquer, est inadmissible, d'autant qu'à lire l'article, il ne semble pas que le gouve…