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Articles

Affichage des articles du septembre, 2007

Cette semaine coup de projo sur : Nizamettin Ariç

Parlons un peu de lui puisqu'il se produit samedi 6 octobre au Cabaret sauvage, pour les Veillées kurdes.

Né en 1956 dans la région d'Ararat, il doit partir jeune pour Ankara, avec sa famille, en raison de leur pauvreté. Dès 1976 il travaille pour la radio TRT, mais en est renvoyé en 1979 pour avoir osé participer à un concert en langue kurde à Agrî. Il est aussi sous le coup de poursuites qui lui font risquer 15 ans de prison, mais ça c'est courant dans le pays... Sous le pseudonyme de Feqiyê Teyran, un des premiers poètes kurdes du 15° siècle, il sort trois disques aux noms bien connotés : Bêrîvan, Dîlan, Diyarbekir... Avec un tel mauvais esprit, rien d'étonnant à ce que le coup d'Etat de 1980 l'oblige à fuir, d'abord en Syrie, puis en Allemagne, où il continue de sortir des albums et de se produire. Mais c'est surtout le film qu'il réalise en 1991, Kilamek jo bo Beko (Un Chant pour Beko) qui le rend célèbre. Remportant un certain nombre de prix i…

Etat profond vs Guerilla obscure

Deux affaires visant à éclairer les dessous louches et obscurs de la guerre au Kurdistan de Turquie éclatent ensemble, par un hasard amusant.

Il y a d'abord la parution d'un livre autobiographique J'ai vu la Trahison, d'un colonel turc à la retraite (qui bénéficie d'une certaine immunité et donc peut raconter ce qu'il veut sans avoir à craindre de poursuites, au moins en Turquie).

Erdal Sarızeybek raconte en effet les menées des forces anti-terroristes en Turquie et donc les faits et gestes des acteurs de la "sale guerre", ce qui peut être une révélation pour un certain public turc, mais n'apprendra rien de nouveau aux Kurdes qui ont subi les agissements des barbouzes turcs pendant plus d'une décennie.

Ainsi, à Sedimli (ville qui fut encore récemment le théâtre d'une affaire de faux attentat du PKK et d'un scandale éclaboussant l'armée et les services) : Le brave colonel raconte comment il avait lui-même fait déclencher des tirs d'…

Radio, cinéma : Tamerlan, Hallâj, les femmes du mont Ararat

Radio

Dimanche 30 septembre, à 15 heures sur France Culture : Tamerlan : le retour. Tout un monde, M. H. Fraïssié.

à 18h30 : Hallâj et la logique de la rébellion. Avec Stéphane Ruspoli, traducteur du Livre Tawâsin de Hallâj, commentaire de Ruzbehan de Chiraz. Cultures d'Islam, A. Meddeb.


Cinéma


Sortie depuis mercredi du documentaire d'Erwann Briand Les Femmes du mont Ararat sur les bataillons féminins du PKK. J'ignore ce que vaut le documentaire, qui a les éloges de la critique. Les commandos de femmes sont la vitrine la plus utilisée des bureaux de la propaganda, dès Suleymanieh on peut en approcher donc il n'y aura sans doute pas de révélations très choc ni très creusées sur le PKK ou le PJAk.

Le problème avec ce genre d'entretiens c'est la liberté réelle des propos tenus et surtout la question dirimante de la traduction : qui était l'interprète ? ayant constaté, dans d'autres reportages le gros écart entre les propos réels et les traductions, à voir s…

Un pipeline de Kirkuk à Ceyhan ?

Alors que tout le monde s'agite en Turquie, Irak, Kurdistan, Iran, autour de questions aussi mêlées que le PKK, le référendum de Kirkouk, la reconnaissance du Kurdistan fédéral, etc., le véritale enjeu et finalement la résolution des questions se situent peut-être dans cette annonce du ministre irakien du Pétrol, Mutasim Akram, évoquant le projet d'un pipe line qui relierait le pétrole de Kirkouk au port turc de Ceyhan.



Forcément, ce pipe line devra passer par Erbil et Duhok. Ce qui implique trois fois les Kurdes : ce sont eux qui sont en charge de la sécurité des exploitations de pétrole autour de Kirkouk (comme pour les régions de Sindjar, le gouvernement de Bagdad leur a demandé d'assurer la sécurité de la zone avant même que le référendum ait été réalisé) ; évidemment le pipe line passera en plein dans la Région kurde ; et naturellement il passera aussi par la frontière kurdo-turque ce qui implique une pacification de la zone, soit plus d'incursions du PKK et aussi …

Qui croirait ?…

"Qui croirait qu'un lettré juif du Sud marocain, dénommé Ya'cob Bu-'Ifergan (un patro-toponymique typiquement berbère), artisan bijoutier de son état, séjournant à Aqqa, un point géographique que peu de spécialistes seraient capables de situer sur une carte, saurait méditer sur les grands livres de la Loi écrite et la Loi orale, discuter des grands courants de la mystique juive et serait à même d'apporter une contribution éminemment importante à cette science que lui-même et ses congénères kabbalistes appellent "science de grâce et de vérité", rédigeant, dans des conditions matérielles inimaginables, une oeuvre monumentale où s'associent certes, remarquablement, une multitude de "lectures" possibles du message divin, mais où dominent l'ésotérisme de la kabbale traditionnelle, la théosophie des sefirot et la théurgie d'une interprétation de la Loi et des motifs de ses préceptes (ta'ame ha-miswot "saveurs mystiques des prescr…

Photo : Le Shaharzor et les Shahrazorî

Mise en ligne de la Galerie photos du Sharazor chez Roxane. J'adore cette photo. Avec les ouvriers agricoles on l'avait vu arriver de loin sur son tracteur et les Kurdes l'avaient interpellé : "Hé Hadji, viens te faire prendre en photo !" Et quand son tracteur était arrivé à notre hauteur, sans hâte, il s'était arrêté et avait posé majestueusement.

Cette semaine coup de projo sur : Ghazal

J'adore - mais vraiment j'adore - l'ustadh Shujaat Hussein Khan. Mais à part ça, il y a peu de raisons de parler de lui sur un site kurdistanî. Sauf que... sous le nom de l'ensemble Ghazal, il s'est produit en public et a enregistré plusieurs CD avec le joueur de kemençe Kayhan Kalhur comme je l'avais déjà mentionné. Ces improvisations sont de pures merveilles. Toutes les musiques ne sont pas à fourrer ensemble dans une approximative macédoine, mais entre les musiques iranienne et indienne, il y a un accord subtil, une affinité, juste ce qu'il faut d'éloignement pour que l'on sente toute la différence de monde, et en même temps un secret cousinage. La passion vibrante, parfois poignante du kemençe et la sérénité très lumineuse du sétar de l'ustadh Shujaat se rejoignent dans un clair-obscur envoutant. Viennent s'y ajouter parfois le tabla de Swapan Chaudhuri dont la célérité nerveuse contribue à emballer toute la scène, et bien sûr la voix d…

Semaine des Cultures étrangères : programme kurde

Lundi 24 Septembre 2007 à 16h00 :





Projection du film Aller vers le soleil de Yeşim Ustaoğlu
Salle Prestige du Publicis Cinémas
129, av des Champs-Elysées 75 008 Paris
(Tarif unique à 6 € pour toute la durée du festival
Pass festival 5 places : 25 €
Pass festival 10 places : 40 €)


à l'Institut kurde de Paris

Du lundi 24 septembre 2007 au vendredi 6 octobre 2007
Exposition de Rusen Werdî & archives de l'Institut kurde:




Femmes kurdes : Ecrin du KurdistanVernissage : Samedi 22 Septembre 2007 à 17h00
Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Mercredi 26 Septembre 2007
17h- 18h : Cours de civilisation kurde
18h -19h : Cours de kurde

Jeudi 27 Septembre 2007
17h- 18h : Cours de civilisation kurde
18h -19h : Cours de kurde

Vendredi 28 Septembre 2007 à 17h00
Projection du court-métrage Search de Yilmaz Özdil suivie d’une rencontre avec le réalisateur
Documentaire, 25 min, version kurde sous titrée en français

Synopsis : Sans repères et privés de droits, les réfugiés de la ville de Van élisent …

Les Turcs, ces grands incompris...

Il y a un article assez drôle d'Ilnur Cevik, paru le 18 septembre dans le New Anatolian. D'une drôlerie sans doute involontaire, où le journaliste se plaint d'un refroidissement dans l'attitude des Kurdes d'Irak envers les entreprises turques qui y travaillent et y investissent, en sommant le Premier Ministre du Kurdistan, Nêçirvan, de faire quelque chose, sans quoi cela pourrait détériorier les relations turco-kurdes.

Pas une seule fois Ilnur Cevik ne songe à envisager le problème par l'autre bout : à savoir que c'est peut-être les récentes menaces turques et l'absence de tout assouplissement sur la reconnaissance de la région du Kurdistan en tant qu'entité fédérale, plus les invectives gracieuses adressées aux deux présidents kurdes, ces "chefs tribaux" avec qui il n'est pas question de dialoguer, plus toutes les manoeuvres auprès des Américains et des Irakiens pour faire annuler le référendum de Kirkouk, plus les innombrables tracass…

TV, Radio : le Prêtre Jean, Topkapı, Iran, Marco Polo, Ibn Tumlûs, Muhanna al-Tawil, Abbas Kiarostami

TV :

Samedi 22 septembre à 20h45 sur ARTE : Le Royaume du Prêtre Jean. Documentaire de Martin Papirowski et Heike Nelsen-Minkeberg, All. 2007. Ou l'histoire d'un des plus fabuleux et fascinants canulars du XII°-XIII° siècles.

Lundi 24 septembre à 20h40 sur France 5 : Topkapi, l'âge d'or de l'Empire ottoman. Palais d'Europe, M. Damoisel, Fr. 2007.

Radio :

Dimanche 23 septembre à 9h00 sur France Inter : La société iranienne dans le contexte géopolitique mondiale, reportage de P. Reltien. Interception.

à 15h00 sur France Culture : Marco Polo n'a pas menti. Avec Philippe Ménard, auteur de Marco Polo sur les routes de la soie (Glénat, à paraître) ; l'amiral François Bellec, historien de la Marine et des voyages d'exploration. Tout un monde, M.H Fraïssié.
à 18h10 sur France Culture : Rhétorique et politique. Avec Maroun Aoudad, traducteur du Livre de la rhétorique d'Ibn Tumlûs philosophe et médecin (Vrin). Cultures d'islam, A. Meddeb.

M…

Un consulat français à Hewlêr ?

Mieux vaut tard que jamais, la France annonce enfin l'ouverture d'un consulat à Hewlêr. Le fait que l'actuel ministre des Affaires étrangères, Bernard, fut un des artisans de la création de la Zone de sécurité au Kurdistan d'Irak, et par là même à l'origine de l'actuelle Région du Kurdistan n'y est peut-être pas étranger... mais peut-être aussi que la France finissait par être ridicule et a voulu s'épargner la honte qui lui pendait au nez à force de retarder, et s'est dépêché d'ouvrir une représentation au Kurdistan avant que la Turquie elle-même se décide...

Cette semaine, coup de projo sur : Les yeux noirs et les perdrix du Hawraman

Le Hawraman, à cheval sur la frontière de l'Irak et de l'Iran (mais quelle frontière, au Kurdistan, a une réalité autre que politique ?) commence au Sharahzur et à Halabja à l'ouest et s'étend à Pawe, Merivan, Kermanshan... C'est une des régions les plus fascinantes, les plus belles et les plus authentiques du Kurdistan, surtout du côté iranien, où le Hawraman forme un ilot linguistique, religieux, cuturel et même économique. Ils fabriquent eux-mêmes leurs vêtements et fournissent le reste des régions kurdes en chaussures montagnardes. Ajoutez à cela la beauté de leurs villages, à l'étagement si particulier... Les cérémonies des semâ de derviches et le pèlerinage de Pir-e-Shahlyar sont plus connues en Occident que le siyaçemane, qui est une performance et une tradition musicale des plus remarquables et sans doute extrêmement ancienne. Le goranî siyaçemane (litt. chanson des yeux noirs) fait appel à une technique vocale singulière qui doit etre aussi douloureuse …

Les barbus du PKK

Le jour anniversaire du 11 septembre a été déjoué, à Ankara, un attentat à la fourgonnette piégée avec quelques 600 kilos d'explosifs. Selon Hürriyet, le portrait-robot d'un suspect a été établi, "un homme aux cheveux frisés, âgé de 23-24 ans, et parlant le turc avec un accent arabe." (source AFP).

Mais cela n'a pas empêché le gouvernorat d'Ankara d'accuser le PKK. Que faut-il en déduire ? Un nouvel axe PKK-Al-Qaeda ? Les Barbus arabes passant de l'islamisme à l'apoïsme ou bien le PKK troquant les oeuvres complètes d'Apo pour le Coran revu et expliqué par Ben Laden ? Ne manque plus que l'on découvre que c'est un garagiste alévi (donc arménien) qui a fourni la fourgonnette pour que tous les ennemis de la république soit au complet...



'Stupidity, however, is not necessarily a inherent trait.' Albert Rosenfield.

des mosaïques romaines découvertes à Hasankeyf

Décidément c'est une fatalité que tous les sites condamnés à être noyés par l'impitoyable projet de barrages dans les régions kurdes (GAP) s'avèrent être des sites non pas témoignant de leur importance dans l'histoire kurde, syraique ou arabe, mais gréco-romaines, soit un passé qui pourrait complaire aux chantres du discours "Nous sommes des Européens" en Turquie.

Ainsi le professeur Abdulselam Uluçam qui dirige les fouilles de sauvetage à Hasankeyf a fait état de la découverte de mosaïques murales dans un ancien monument, qui seraient "d'une importance capitale pour l'histoire de la ville."

"C'est la première fois que nous découvrons des mosaïques murales à Hasankeyf. Nous avons découvert que les murs de cette structure monumentale, appartenant à l'époque romaine, étaient couverts de mosaïques qui débutaient à un mètre et demi du sol. C'est une part importante de la culture de Hasankeyf nous permettant de comprendre la périod…

Portrait italien d'un Ayyoubide

A l'Alte Pinakothek de Munich, on peut voir, du peintre Taddeo Gaddi (1300-1366) élève de Giottto, une des premières représentations de souverain kurde dans la peinture occidentale. Ce n'est pas le portrait de Saladin, qui est pourtant le Kurde le plus célèbre du Moyen-Âge, mais de son neveu, al-Malik al-Kamil Nasir al-Dîn Abû-l-Ma'alî Muhammad, fils du sultan al-Malik al-Adil, et vice-roi pour son père en Egypte en 1219, l'année où se situe l'événement de cette peinture.

C'est al-Malik al-Kamil qui affronta la V° Croisade à Damiette. Les Francs avaient pu s'emparer de la forteresse al-Silsila (de la Chaîne) et puis de Damiette. Mais al-Kamil, entre-temps devenu sultan à la mort de son père, encercla et assiégea les forces franques jusqu'à l'arrivée de son frère al-Ashraf, al-Mu'azzam et enfin d'autres Ayyoubides qui se portèrent à son secours en 1221 (soit 2 ans plus tard, on appréciera la célérité de la solidarité familiale).

Mais ce long …

Cette semaine coup de projo sur : Djivan Gasparyan

Il est à l'honneur en Turquie car il se produit à Istanbul et Ankara avec le chanteur turc Yavuz Bingöl, en voulant délivrer un message de réconciliation entre les peuples arménien et turc. Gasparyan est un des plus grands joueurs de doudouk arménien, qui a fait une bonne partie de sa carrière en Union soviétique et vit maintenant entre Los Angeles et la capitale de l'Arménie indépendante, Yerivan. Né en 1928, il est considéré comme un maître de cet instrument et a remporté un nombre considérable de prix notamment par l'UNESCO. Parce que le zorna est une forme de clarinette, je lis parfois ça et là que le doudouk est une "sorte de hautbois" mais je ne trouve pas qu'il y ait une si grande parenté entre les deux instruments. Je trouve que le doudouk est au zorna ce que l'alto est au violon ; une forme plus grave, plus songeuse, un côté plus sombre, mais avec une très grande puissance émotive, qui contribue peut-être à ce que la musique arménienne soit si mél…

Peu à peu, ça rentre...

... mais ça reste laborieux. Ainsi on peut constater dans la dernière dépêche AFP rapportant la manifestation des Yézidis à Strasbourg, que sans doute perplexes devant les différentes infos glanées ça et là sur les yézidis, le rapporteur se contente d'aligner des bribes de version, bout à bout, sans se soucier de leur contradiction.

Ainsi, on commence comme ça :

"La communauté yézidie est une minorité religieuse de langue kurde installée dans le nord de l'Irak, qui considère le diable comme le chef des anges."

Pour enchaîner tout de suite par :

"Les fidèles de cette religion ésotérique, créée au XIIe siècle par cheikh Adi ben Moussafir (né à Damas et mort en 1160 à Lalish, au Kurdistan), vénèrent principalement Malak Taus, qui dirige les archanges et est souvent représenté par un paon."

Ce qui fait qu'à ce stade, le lecteur plein de bonne volonté et décidé à comprendre doit se demander ce que vient faire cette histoire de paon et d'archanges dans une rel…

Un dangereux complot séparatiste déjoué à Kayapinar

Le séparatisme a décidément beaucoup d'imagination et donne un boulot monstre aux vaillants défenseurs de l'unité turque. Le maire DTP de la ville de Kayapinar, Amed Zulkuf Karatekin, un entrepreneur, Mehmet Gündogan, un inspecteur technique, Mustafa Sencar, un ingénieur civil, Ahmet Sis, un ingénieur agronome, Mehmet Askeri Kelekçiler passent en jugement pour la cosntruction d'une piscine publique dont la forme évoquerait - horreur ! - la carte du Kurdistan. Si c'est pas des choses graves, ça...

Ce mal élevé de Karatekin ne s'est même pas rendu à l'audience de la Haute Cour criminelle de Diyarbakir (ben oui, c'est une affaire de terrorisme). Les autres accusés, présents eux, ont nié toute l'histoire. Perplexe, le juge a décidé de reporter l'audience jusqu'à ce que M. le Maire se décide à venir s'expliquer sur le sujet. Entre temps, le tribunal a réclamé qu'on lui apporte une carte du Kurdistan pour juger, de visu, si oui ou non la pisc…