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Articles

Affichage des articles du mars, 2007

Au bonheur des sages

"Le sort commun, selon les Anciens, c'est de vivre, harmonieusement autant que possible, en société, et l'amour n'échappe pas à la règle. La norme, c'est d'aimer et d'être aimé selon sa condition, c'est-à-dire entre humains. L'amour est partage. On aime d'autres humains, des filles, des garçons, ou les deux ; on ne s'aime pas tout seul, car nul n'a en soi de quoi se suffire. C'est la signification du mythe des androgynes tel qu'il est repris dans le discours d'Aristophane. Pr, c'est à cela que Narcisse, dans son orgueil insensé, a prétendu. Il doit donc en être chatié. Comment ? Il suffit aux dieux de l'abandonner à son choix absurde, qu'il devra assumer jusqu'au bout de ses conqéquences. Némésis le laisse donc se punir soi-même, se précipiter dans l'impossible et fatalement s'y détruire. Il a désolé la nymphe ; le voilà comme elle à se mourir d'amour, mais suprême ironie, de son propre fait. Il a…

Colloque

Les 30 et 31 mars 2007 - l'Association Primo Levi organise un colloque


Témoigner des effets de la violence politique

Maison internationale de la Cité universitaire de Paris, 17 bd Jourdan
Information et Inscription ici.
colloque@primolevi.asso.fr


Programme

vendredi 30 mars 2007

9h00 à 9h20 Accueil, inscription

9h20 à 9h30 Introduction à la journée

9h30 à 11h00 : Hommage à Primo Levi

* Liberté de la fiction
par Soazig AARON, écrivain
* De l'imprescriptible
par Pierre MERTENS, écrivain, juriste international (BELGIQUE)

Table présidée par Hubert PREVOT, discutant : Diana KOLNIKOFF

11h15 à 12h45 : Les enfants et la violence politique

* L'irréductible d'une transmission
par Armando COTE, psychologue clinicien au Centre Primo Levi
* Repenser la transmission : l'énigme de la survivance
par Yolanda GAMPEL, psychanalyste (ISRAEL)

Table présidée par Jean-Etienne De LINARES, discutant : Martine MENES

14h00 à 15h45 : Clinique et politique

* Silences sur les violen…

Radio, TV : Irak, Kudsi Erguner, Turquie

Radio :

Samedi 31 mars à 18h10 sur France Culture : Magazine de la rédaction - Quatre ans de guerre en Irak. Dossier de RFI. Par Frédéric Carbonne.

Jeudi 5 avril à 10h02 sur France Musique : Prima la Musica- Kudsi Erguner, musique classique ottomane et Aram Kerovpyan, Chants liturgiques arméniens.

TV :

Samedi 31 mars à 11h00 sur ARTE : Le Dessous des cartes- La Turquie : pour ou contre l'Union européenne ?

Vendredi 6 avril à 20h00 sur LCP : TV Irak Style; documentaire de Christian Trumble (2006). 60 mn.

Les Sables de Mésopotamie

Mot de l'éditeur «Les Sables de Mésopotamie, récit d'une enfance, est un beau récit d'une grande fraîcheur. Le ton est juste, primesautier et dans le regard que l'enfant porte sur le monde apparaît la faculté de s'étonner et un ardent désir d'y participer.
Il se trouve que l'auteur est né kurde, donc issu d'une société minoritaire et qu'il nous initie, chemin faisant, à toute une tradition, avec ses codes, ses croyances, sa réalité quotidienne et ses rapports avec les autres groupes ethniques. Il nous donne à voir, avec beaucoup de talent et dans un style plein de charme ce qu'était la société kurde de Syrie dont les frontières furent fixées par la France lorsque celle-ci, au lendemain de la Première Guerre mondiale, devint puissance mandatrice du Levant.
À mes yeux, Les Sables de Mésopotamie, qui charrie tout un univers inscrit dans des strates anciennes dans un style tout à la fois précis et poétique est une réussite littéraire. Fawaz Hussai…

Eclats de rire

On trouve des pépites dans la littérature de voyage. Ainsi dans l'article de Jacques Soubrier, paru dans Connaissance du Monde n°3, au premier trimestre 1947, le récit d'une expédition chez les Kurdes contient des détails et des répliques tellements savoureuses qu'elles seraient dignes de figurer d'un roman "ayyâr" (les Ayyârân étant ces brigands chevaleresques et insolents, très épris des valeurs de la futuwwat, qui remuèrent beaucoup les grandes villes de Syrie, d'Iran et de Mésopotamie au Moyen-Âge).

"A Damas, une première expédition est mise sur pied. Il s'agit, avec la complicité des Kurdes exilés, de recruter une petite troupe et de franchir la frontière, le Tigre, nuitamment. Peu de temps après mon passage à Damas, au cours d'un bref séjour à la pointe orientale de la Djezireh, l'affaire était au point, et la troupe recrutée parmi les plus authentiques bandits de la région.

Armés jusqu'aux dents, nous attendions, vers minuit, le …

Entretien avec Massoud Barzani

Via Kurdistan Observer, une interview de Massoud Barzani donnée à al-Hayat le 24 mars. Une interview longue, précise, détaillée, qu'on chercherait en vain dans les articles et interviews indigents de la presse française sur le Kurdistan.




Al Hayat: Êtes-vous préoccupé par la situation en Irak ?

Massoud Barzani:Ce n'est pas un sujet de précoccupation mais la situation est ennuyeuse et inquiétante.

Al Hayat: Quel est la cause de votre inquiétude ? L'échec de parvenir à fonder une nation, ou celui de parvenir à un accord entre les Irakiens ?

Barzani: Ce qui m'inquiète le plus ou ce que je considère comme étant le plus périlleux car menaçant l'avenir de l'Irak est le conflit sectaire qui commence à s'implanter de façon dangereuse.

Al Hayat: Est-ce que l'Irak vit une guerre civile ? Pouvons-nous qualifier la situation actuelle une guerre civile entre chiites et sunnites ?

Barzani: Je ne sais pas mais le résultat est tragique. Si vous voulez lui donner une appellati…

Cette semaine coup de projo sur : Mihemed Mamli

Né en 1925 et mort en 1999 à Mahabad, Mihemed Mamli fut à la fois un chanteur très populaire au Kurdistan d'Irak et d'Iran et un militant politique, membre du Parti démocratique du Kudistan d'Iran, plusieurs fois arrêté par le régime du Shah d'Iran. Après tout, il avait 20 ans au temps de la République de Mehabad et c'est le genre d'événement propre à marquer à jamais la culture politique d'un jeune homme. Il chante dans la tradition des grands stranbêj kurdes, avec une émotion déchirée ou mélancolique qui n'empêche pas une parfaite maîtrise de sa voix et de la modulation. Il revivifie ainsi un art savant avec une aisance telle qu'il donne l'impression d'en avoir inventé les règles, tellement il les domine naturellement. Un grand maître.

Hrant Dink ou le vivre-ensemble

Ayant tout juste reçu le livre de Hrant Dink, la meilleure façon d'en parler est peut-être tout simplement, de laisser filer des notes de lecture, au gré des articles rassemblées, qui sont à la fois variés, écrits dans des contextes et des tons très différents, mais qui ont, mis tout ensemble, une incontestable unité, car reflétant l'idéal de Hrant Dink, celui d'une Turquie et même d'un monde animés par la philosophie de ce que l'on pourrait appeler le vivre-ensemble. Autre point commun, une objectivité décapante au service de cet idéal, qui n'hésite pas à s'en prendre, parfois avec compréhension, parfois plus sévèrement aux Arméniens eux-mêmes, que ce soit la diaspora et même le patriarche d'Istanbul ! Mais justement par rapport aux Arméniens sa voix est précieuse, qui fait entendre enfin aux Français qui jusque-là, et surtout ces derniers mois, n'ont eu des Arméniens que les propos de la diaspora, la voix d'autres Arméniens, ceux de Turquie, q…

Aux quatre coins du pan-kurdisme

Après les gamins qui affirment à un officier turc qu'ils préféreraient fêter le Newroz sous le drapeau kurde, après Ahmet Türk poursuivi pour avoir donné du "Monsieur" à Öcalan, ce qui par ailleurs n'est pas nouveau dans les interviews des ex-DEHAP, DTP, etc., après le maire de Hakkarî qui écope de 7 ans pour avoir dit "Je suis fier d'être Kurde" (une variante du "Heureux qui se dit Turc", inscrit un peu partout avec "Önce Vatan" sur les montagnes brûlées du Kurdistan), et pour avoir aussi affirmé que le PKK n'était pas un groupe terroriste , voilà que le harcèlement des juges continue avec la dernière déclaration de Leyla Zana au Newroz, affirmant que les Kurdes avaient trois présidents : Talabanî, Barzanî et Öcalan bien sûr, (dans sa bouche les deux premiers noms sont bien plus surprenants que le dernier).

Y aurait-il nouvelle tactique de la part des Kurdes de Turquie, qui consisterait à engorger les tribunaux avec les déclarati…

Newroz et Nouvel An

A nouveau le cœur est en manque d'extase.
Sakî (1), apporte nous ton flacon !
Car le cœur désire le vin pourpre
Qui dans l’instant même le rassasie.

Sakî, si ton visage est comme la lune épanouie
Et si ta chevelure est noire comme la nuit,
Alors que ton vin soit du feu et brûle nos reins !
Et ce sera remède pour le cœur.

Ainsi tu ranimeras nos cœurs
Et enflammeras nos poitrines.
Celui qui boit le vin versé de tes mains
Peut courir cent étapes (2) sans s’arrêter.

Sans la lumière et le feu de l’amour,
Sans le Décorateur et le pouvoir du Créateur,
Nous ne pouvons atteindre l'Union.
(La Lumière est pour nous et la nuit est sombre) (2)

Ce feu qui masse et étrille le cœur,
Mon cœur l’appelle à grands cris.
Et voici le temps du Newroz et du Nouvel An,
Quand se lève cette lumière.

Tant que le vin rayonnant
Ne colorera pas ton tapis de prières,
Tu resteras loin de cette fille de roi
Au cou d’ivoire joyau unique.

Joyau ce cou de cristal,
Basilic sur roses en fleurs,
Hay hay tes boucles enchanteresses,
Séparées pa…

Cette semaine coup de projo sur : les Juifs kurdistanî

Puisque c'est la semaine des musiques festives, voici quelques tubes ultra connus du répertoire kurde. l'originalité, c'est qu'ils sont chantés par des juifs kurdistanî, aujourd'hui Israéliens. Cela ne les empêche pas de chanter et de jouer les mêmes airs que leurs cousins de Zakho, Barzan, Amadiye, etc, en araméen ou en kurde (avec un accent top trognon). Le site Kurdish Jewry, que j'avais déjà signalé, les présente en détail, avec de très belles photos notamment. Le reste des musiques en ligne sont écoutables chez eux, cliquer sur le petit musicien en bas à droite.

En Turquie le barzanisme gagne du terrain...

Ou l'art d'encourager les débats à l'éducation nationale... C'est à la fois drôle et navrant. Selon une dépêche REUTERS, à Diyarbakir, deux "graines de terroristes" kurdes âgés de 17 et 18 ans, sont poursuivis pour propos séparatistes et "incitation à la haine et à l'inimitié entre les peuples."

En fait, les deux délinquants haineux ont contredit un officier qui faisait cours dans leur école (ne me demandez ce que fichait un officier dans une salle de classe, m'étonnerait que ce soit une école militaire, mais bon). Cet officier venait en effet expliquer que le Newroz était une fête turque, célébrée depuis toujours par les Turcs, depuis qu'il avaient migré d'Asie centrale en Anatolie (depuis des millénaires, comme chacun sait). Si c'est le cas, c'était bien la peine de l'interdire si longtemps et de flinguer la foule qui osait allumer un feu dans le Sud-Est dans les années 90... Et donc le gradé est ensuite allé se plaindre…

colloque

La liberté de circuler de l’Antiquité à nos jours : concepts et pratiques

Paris, 21-24 mars 2007

Collège de France, 3 rue d’Ulm, 75005, salle de réunion
et Ecole Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm, 75005, salle Dussane

En collaboration avec : CNRS (Paris), Collège de France (Paris), Ecole française de Rome, Ecole Normale Supérieure (ENS, Paris), Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS, Paris), Centre de recherches historiques (CRH, Paris), Institut Universitaire de France (IUF, Paris), Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme (MMSH, Aix-en-Provence), Université de Paris VIII, Université de Paris I, University of Southern California (USC, Los Angeles)


Mercredi 21 mars : Collège de France, 3 rue d’Ulm, salle de réunion

14h-18h30 : Problèmes théoriques
Président de séance : Pierre Hassner (IEP, Paris)

- Ouverture : Claudia Moatti (Paris VIII)
- Daniel Roche (Collège de France) : La mobilité : libertés et contraintes
- Etienne Balibar (Paris X-Nanterre) : Une citoyenneté nomade es…