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Affichage des articles du juillet, 2003
L'humoriste du jour.

Ne digérant visiblement pas la possible mainmise des Kurdes sur Kirkouk, Abdullah Gul, le ministre des Affaires Etrangères turc a eu cet imparable argument : "En tant que voisin de l'Irak et à cause de son histoire, la Turquie est bien placée pour se permettre de donner des conseils aux Etats-Unis, a-t-il estimé. "Nous avons dirigé la région pendant des centaines d'années", a-t-il rappelé en faisant allusion à l'empire ottoman".

C'est vrai que vu les bons souvenirs que les Ottomans ont laissé chez leurs voisins, on se demande pourquoi les Arabes, les Assyriens, les Kurdes, les Arméniens ne les appellent pas à cor et à cri pour qu'ils viennent résoudre tous leurs problèmes.

Et puis pendant qu'ils y sont, ils pourraient intervenir aussi activement et efficacement que pour leur problème kurde - personne n'en doute - dans toutes les zones qui furent dirigées par les Ottomans, et où on n'attend qu'eux pour tou…
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TV...

Samedi 2 août sur Arte, à 20h45, documentaire sur Göbekli Tepe, le plus ancien édifice religieux retrouvé, près d'Urfa.



Le renard. The fox. Rovî.


...et Radio.

Vendredi 8 août, sur France Culture, de 9h05 à 10h30 : Les Kurdes de Turquie, une culture entre modernité et renaissance (rediff.).

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12° édition des Nuits Atypiques de Langon.

Finalement, Noir désir n'y sera pas, mais Sivan si, le 3 août. (voir programme).
Le 29 juillet 1191, Chihab al-dîn Yahya Sohrawardî "al-Maqtûl" c'est-à-dire l"'exécuté" était assassiné pour hérésie dans la citadelle d'Alep, sur ordre du sultan Salah al-dîn Ayyûb, notre Saladin.

Sohrawardî était né en 1155 dans le Jibal ou l'ancienne Médie, peuplée de nombreux Kurdes et Lours, mais qu'il soit de sang kurde ou non n'a pas grande importance, tant il fut présent, de toute façon, dans le monde de la Djezireh (Haute-Mésopotamie) médiévale. Après avoir étudié à Maragha, en Azerbaydjan, et à Ispahan, il se rendit à Kharput (act. Turquie), ou il dédié un de ses ouvrages à l'émir seljoukide Imad al-dîn, puis à Alep où il bénéficia de la protection du fils de Saldadin, avant d'être emprisonné et exécuté sur ordre du sultan ayyubide. On le voit, son histoire personnelle embrasse les mondes mésopotamien, iranien, anatolien. Il fut aussi en contact avec les zones d'influence chrétienne, sabéenne, et son oeuvre, à portée uni…
CROHDI, The Committee for the Release of Hostages and Detainees in Iraq (Comité pour la libération des otages et détenus en Irak) lance une pétition adressée à Georges Bush et Tony Blair pour mettre en place une équipe d'enquêteurs internationaux afin de retrouver la trace des milliers de disparus - exécutés ou pris en otages - sous le régime en Irak.


Pétition.

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CROHDI, The Committee for the Release of Hostages and Detainees in Iraq appeals Georges Bush and Tony Blair "to organise and fund a joint international team of investigators to be sent to Iraq [...] to determine the fate of tens of thousands of people who ‘disappeared’, were held hostage or held as political prisoners under the previous regime. "

Appeal.
Les murmures kurdes contre l'occupation américaine. Quelques échos commencent à se faire entendre, sur les "bavures" inévitables d'une armée peu entraînée à pratiquer le maintien de l'ordre dans une population civile. A vrai dire, c'est le problème de toutes les armées quand elles doivent assurer précisément ce maintien de l'ordre, qui est plus une tâche policière, en le couplant avec une défense contre des attaques sporadiques mais très usantes psychologiquement. Dans ce cas, le harcèlement auquel font face les soldats américains est moins une tactique de guérilla qu'une tactique "terroriste" - au sens où on l'entendait avant le 11 septembre, c'est-à-dire des actions plus spectaculaires que meurtrières en nombre, mais qui amènent les cibles de ces attaques à riposter, faisant ce qu'on appelle en langage militaire contemporain des "dégâts collatéraux" et qui ne sont, en langage policier, que des bavures. Mais ces dérapa…
Le débat sur la Turquie et l'Europe. Le débat sur les frontières de l'Europe, jusqu'où s'arrêtera-t-on ? Les cris d'orfraies à l'idée d'une Europe qui irait jusqu'à Vladivostok et la Haute-Mésopotamie.

En fait, il fait toujours écouter les voyageurs à ce sujet, qui sont les vrais géographes; A la suite de Marco Polo et de Nicolas Bouvier, je dirai donc, que ça n'a aucune importance. Parce que l'Europe n'existe pas,

"Alors que l'Eurasie existe. Hérodote, né près de Bodrum en Asie Mineure, avait bien raison de vouloir réconcilier dans ses Enquêtes les Perses et les Grecs. Alexandre le Grand voyait juste en brusquant un peu ses capitaines macédoniens pour les marier aux filles de l'aristocratie achéménide. Plus tard son successeur Ménandre (II siècle av. J.C.) a pris plaisir à ergoter, au bord de la Yamuna, rivière tributaire de l'Indus, avec les bouddhistes de l'empire d'Ashoka sur la nature du principe vital, le poids a…
Quand les assassins de Daniel Pearl ont filmé son exécution et ont diffusé cela à la presse mondiale, tout le monde a trouvé cela barbare, les Etats-Unis en premier. Quand al-Jazirah a montré abondamment les corps mutilés des victimes irakiennes, ainsi que ceux des soldats américains, ils se sont fait tapés sur les doigts. Mais aujourd'hui les Américains n'hésitent pas à exhiber aux yeux du monde les deux corps des fils Hussein, pour rassurer les Irakiens, sans doute, sur la mort réelle de ces deux-là, mais il y a aussi un côté "voici le scalp de mon ennemi".

Pendant qu'ils y sont, ils devraient planter ces deux têtes au bout d'une pique et les accrocher aux portes de Bagdad, afin que ces Orientaux qu'on a sauvés de la barbarie sachent bien que le temps de la civilisation et de la douceur de vivre est revenu.
Radio

Du 28 au 29 août à 18h15, sur France Culture : Les lumières d'août.

Reportages et rencontres avec des artistes et des intellectuels étrangers en france.

Présence de Bahman Ghobadi, le réalisateur kurde, auteur notamment d' Un temps pour l'ivresse des chevaux.

Violence juvénile et chrétienté

Aujourd'hui on nous bassine avec la "nouvelle violence urbaine", les jeunes "machos des banlieues" influencés par une culture ou une religion "sexiste" (devinez laquelle), enfin bref le phénomène soi-disant si nouveau des "tournantes."

J'ai trouvé ce passage dans le livre d'Alain Demurger,Temps de crises, temps d'espoirs, XVI°-XV° siècle :

"Canalisation de la violence.

La violence, dans la mesure où elle peut conduire au crime, n'échappe pas à la répression. Mais il est des violences tolérées, que l'on s'efforce de canaliser, selon une attitude constante au Moyen-Age : la paix consiste moins à éradiquer la violence qu'à la contrôler.(intéressant de comparer à aujourd'hui, où il me semble que l'on cherche à éradiquer la violence, et où justement on ne la contrôle pas).

Tel est le cas de la violence sexuelle, dont J. Rossiaud écrit qu'"elle est une dimension normale, permanente de la vie urbaine&qu…
Réellement la mort de ces deux pitoyables canailles (Oudai et Qussai pour ceux qui auraient dormi tard) n'a pas grande importance. Morts ou vifs, cela n'aurait pas changé grand chose, dans l'état de délabrement physique et mental où se trouvait au moins l'un, on les voyait mal conduire une guérilla efficace. Rejetons dégénérés d'un prince sanguinaire, rien de plus. Ils n'auraient pas plus été dangereux que Niku Ceaucescu si on l'avait laissé vivre...


Est-ce que Saddam est, lui, encore un danger ? Non. Il y a peu de dictateurs qui une fois renversés retrouvent l'entrain et la chance de leur jeunesse pour repartir à la conquête du pouvoir. Evidemment, beaucoup d'Irakiens et de Kurdes auraient des comptes à lui demander.
Le 17 juillet, Dogu Perincek, le leader de l'IP (petit parti de la gauche turque) a révélé qu'un accord aurait été conclu entre la Turquie et les US. Cet accord prévoit que le Kurdistan de Turquie bénéficiera (dans quatre ans ?) d'un statut fédéral semblable à celui du Kurdistan d'Iraq, lequel serait débarrassé des troupes turques dans les quatre mois à venir. (source PUK ANBA, www.puk.org) La Turquie de plus ne pourrait pourchasser les derniers représentants de la guérilla du PKK en Iraq sans l'accord des USA, ce qui n'a guère d'importance, vu que les USA semblent de toute façon décidés à s'en débarrasser avant (AFP).

En final, si ce plan s'applique, qu'aurait-on ? Les Kurdes du nord comme du sud protégés par le bouclier américain et enfin débarrassés de leur problème turc". Evidemment, devant la menace croissante de l'hostitlité des chiites d'Iraq plus celle des autres nations arabes, les Américains ont tout intérêt à s'appuyer…
Rectification pour Israeli guy et ses lecteurs : je suis bien une femme, je suis bien Française, mais pas Kurde (seulement kurdologue), je n'ai qu'un arrière-grand-père étranger, et il venait de Belgique, rien de très exotique quoi...

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Correction for Israeli guy and his readers : I am a woman, that is right; I am French, that is right too, but not Kurd (only kurdologist). I have one migrant in my family, he was my grand-grand-father and did not came further than Belgium, nothing very exotic :-)..
Match amical entre la Turquie et le KADEK : 5-4

le coup gagnant

promet de faire mieux la prochaine fois
Quand on mettra les cons en orbite, en voilà un qui n'aura pas fini de tourner... Kani Yilmaz explique la recrudescence des persécutions contre les Kurdes de Syrie par le départ de la présidence du PKK de ce pays.

En effet, selon Kani Yilmaz, du temps où Hafez el Assad le Père régnait encore sur le Syrie, la Syrie connaissait une période de démocratie sans précédent, influencée en cela par les conseils éclairés de la présidence du KADEK. Et que la mort de Hafez el Assad a mis fin à cette période de liberté dans l'espace politique syrien.

Rappelons que la Syrie, sous Hafez el Assad, abritait effectivement la présidence du PKK mais surtout dans le but d'embêter la Turquie pas de promouvoir la kurdité, et que les Kurdes qui n'étaient pas PKK n'en étaient pas plus libres. Quant au problème des Kurdes syriens sans papier pour cause d'arabisation de la Jezrireh ne date pas d'hier, c'est de toute façon un problème que le PKK ne s'est jamais préoccupé de ré…
Un ensemble d'éditoriaux intéressants sur le site du Turkish Daily News, aujourd'hui, montre bien que le pays le plus troublé, le plus déstabilisé par l'après-guerre est bien la Turquie, atteinte au coeur de ses alliances, de ses certitudes politiques, et se trouvant obligée, depuis quelques mois, de régler des questions qu'elle avait constamment tenté de nier ou d'étouffer depuis des décennies (et disons même depuis 1923). Or ce temps de remises en question et d'affrontements ouverts ne peut être que bénéfique dans un pays qui étouffe et se sclérose de ses non-dits. Il serait dommage que que ce soit une fois de plus le statu-quo qui l'emporte. Il est temps que la Turquie règle enfin "son" problème avec les Kurdes, peut-être dans la même foulée, sera-t-elle mûre pour affronter ensuite "son" complexe arménien, sans laisser davantage les autres nations s'en mêler à sa place ?
12 juillet, à 20 h, sur Arte, un Dessous des cartes consacré au Kurdistan.


Bon article du fameux blogger de Bagdad. Sa considération pragmatique sur la flambée du prix du sang conséquence de la présence britannique à Basrah est très drôle.


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Fine paper of the famous blogger man from Bagdad. His pragmatic comments about the increasing blood price in Basra is quite funny.
Peut-être un voeu pieux, mais tout de même, ça fait plaisir un tabou qui saute, sous la plume d'un éditorialiste américain qui ose enfin associer ces mots : "Kurdistan" et "indépendant" (dans les journaux français il faudra attendre au moins 50 ans).

En lire plus ici
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Jusqu'au 30 septembre, sur les grilles du Luxembourg, rue de Médicis, Paris 6°, exposition du photographe Reza, Destins croisés.



L'exposition est aussi visible sur le site Destins Croisés.
Communiqué de presse - ICOM

Liste Rouge d'urgence des antiquités irakiennes en péril


Le Conseil international des musées (ICOM) annonce la publication officielle d'une Liste Rouge d'urgence des antiquités irakiennes en péril. Cette Liste Rouge répertorie des catégories d'objets particulièrement en péril et susceptibles d'être volés en Irak.

Cette Liste Rouge a été dressée dans les plus brefs délais pour endiguer le trafic illicite d'objets pillés du musée d'Irak à Bagdad, et dans les institutions muséales et sites archéologiques du reste du pays. Elle a été établie par un groupe d'experts internationaux lors d'une réunion organisée par l'ICOM au siège d'Interpol à Lyon (France), le 7 mai 2003.

La Liste Rouge d'urgence des antiquités irakiennes en péril est un outil destiné à aider les douaniers, les policiers et les négociants en oeuvres d'art à repérer les objets provenant d'Irak.

Elle donne une description des objets les plus p…
Pas nous, eux


Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a accusé les Moudjaiddin d'avoir participé aux massacres de Kurdes perpétrés par Saddam Hussein.

Parce que la France, elle, n'a jamais soutenu Saddam Hussein, ni matériellement, ni politiquement, et dans l'armée irakienne, on n'aurait pu trouver une seule importation française.
Tragique confusion...

Outré. Le Premier Ministre turc est outré. Les forces américaine en Irak ont osé arrêter 11 militaires turcs et 6 employés dans le bureau des forces spéciales dépêchées par Ankara, sous prétexte de terrorisme. Sous prétexte que ces valeureux officiers de la paix venus uniquement protéger les Turkmènes de Kikouk auraient fomenté un attentat contre le gouverneur de Kirkouk, un Kurde, comme par hasard.

"C'est un événement répugnant, qui n'aurait pas dû arriver", voilà ce que dit à ce sujet M. Recep Tayyip Erdogan, selon l'agence Anatolie. Attention, ne confondez pas. Ce qui est répugnant ce n'est pas d'avoir projeté un attentat contre un gouverneur kurde, non. C'est d'avoir arrêté les hommes de main avant qu'ils aient perpétré leur coup. Et le Premier Ministre d'exiger leur relaxe immédiate. Après tout, ils n'ont encore rien fait, non ? Et de continuer : "Il n'est pas possible d'accepter cela" ce &quo…